Rio de Janeiro, une ville au relief accidenté


Cet article et le prochain qui va suivre ont pour objectif de décrire le « décor » dans lequel s’inscrit la favela de Cantagalo. Ce décor, c’est la ville de Rio de Janeiro et ses collines enchanteresses.

La ville de Rio de Janeiro est formée de 3 massifs :

–          Le massif de la Pedra Branca (« Pierre Blanche »), culminant à 1.024 mètres,

–          Le massif de Gericino, pic du Guando (900 mètres,)

–          Le massif de Tijuca, pic de Tijuca (1.022 mètres).

Rio doit sa renommée à ce relief légendaire, les collines les plus célèbres étant celle du Pain de Sucre et du Corcovado. Le paysage de la baie de Guanabara en a émerveillé plus d’un, sans pour autant faire l’unanimité.

Après cela, je me sens d’autant plus embarrassé pour parler de Rio de Janeiro qui me rebute, en dépit de sa beauté tant de fois célébrée. Comment dirai-je ? Il me semble que le paysage de Rio n’est pas à l’échelle de ses propres dimensions. Le Pain de Sucre, le Corcovado, tous ces points si vantés paraissent au voyageur qui pénètre la baie comme des chicots perdus aux quatre coins d’une bouche édentée.[1]

Claude Lévi-Strauss

Ce terrain accidenté constitue un véritable casse tête pour les urbanistes et architectes. Les différents massifs s’imposent comme des barrières naturelles difficilement franchissables et alimentent la segmentation de la ville carioca

En plus de ces grands massifs, le territoire carioca est parsemé de collines, connues au Brésil sous le nom de morros. La colline qui abrite la favela de Cantagalo fait partie d’une chaine de 8 morros qui s’étend d’ouest en est,  du quartier d’Ipanama au quartier de Leme. Le morro de Cantagalo était autrefois lié à celui de Cabritos. En 1969, le Corte de Cantagalo (Coupure de Cantagalo) permit la construction d’une route reliant Copacabana à Lagoa.

La favela de Cantagalo couvre la colline du Pavão ainsi qu’une partie de la colline de Cantagalo tandis que ses voisines, les favelas de Pavãozinho et Pavão n’occupent que la colline de Cantagalo. Il est intéressant de constater que le nom de ces différentes favelas ne correspond pas à celui des   morros sur lesquels elles sont perchées, créant ainsi une certaine confusion dans les esprits.

Cette confusion va encore plus loin car le terme de morro fait maintenant parti de l’appellation officielle de ces bidonvilles, le terme de favela étant sans doute jugé trop péjoratif. Ainsi, la favela de Cantagalo a pour nom officiel « Morro de Cantagalo » alors qu’elle est localisée principalement sur le morro de Pavão et la favela de Pavão-Pavãozinho a pour nom officiel « Morro do Pavão-Pavãozinho » alors qu’elle est localisée sur le morro de Cantagalo.


[1] Claude Lévi-Strauss. Tristes Tropiques. 1955. Editions Plon. Paris.

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