La vie sur la colline


Vivre sur la colline c’est pouvoir profiter des plus belles vues de Rio de Janeiro, motif de fierté pour les habitants de Cantagalo. Plus on prend de la hauteur, plus la vue est magnifique. Ce sont ainsi les habitants de la partie haute de la colline de Cantagalo et du Pavão qui ont une vue panoramique sur la baie de Guanabara. Ce sont ces mêmes habitants qui ont le plus de marches à gravir  et de chemins à monter pour arriver à leur domicile !

C’est aussi jouir de la fraîcheur des vents marins pendant les étés tropicaux très chauds et humides aux températures pouvant dépasser les 40 degrés. Ces courants d’air sont appréciés sauf en hiver où, à l’inverse, ils sont redoutés.

Vivre sur la colline c’est également avoir la possibilité de cultiver un petit jardin.

Avec l’accroissement démographique de la favela, ils sont de plus en plus rares, néanmoins certaines familles ont conservé un arpent de terre pour y faire pousser des arbres fruitiers : manguiers, avocatiers, bananiers… La végétation sur le morro a cependant un défaut, celui d’attirer les moustiques. Depuis 1986, Rio est touché par des cas d’épidémies de dengue[1].

La dengue est une infection virale qui entraine classiquement fièvre, mal de tête, douleurs musculaires et articulaires, fatigue, nausées, vomissements et éruption cutanée. (…) Il existe des formes hémorragiques ou avec syndrome de choc, rares et sévères, pouvant entraîner la mort.[2]

Wikipedia

Ainsi, habiter la colline c’est s’exposer à un risque plus élevé de contamination par la dengue.

Suite au déboisement, à l’extrême densification du sol, l’absence de travaux de soutènement et à la précarité des fondations des habitations, les populations sont menacées par des glissements de terrains. Les cas d’éboulement sont très fréquents à Rio, ils surviennent au moment des fortes pluies estivales.  Pour Alzira Barros, le président de l’association des habitants de Pavão-Pavãozinho, les inondations de 1984 ont causé la pire tragédie de l’histoire de la favela.

Ce furent deux vagues d’éboulement successives. Je me souviens des personnes désespérées demandant des draps et serviettes pour recouvrir les victimes. Lorsque que nous aidions les victimes du premier éboulement, j’ai vu le second éboulement[3].

Alzira Barros

A cette époque le réservoir d’eau situé sur les hauteurs du morro de Cantagalo, à mi chemin entre la favela du Pavão et celle de Pavãozinho, céda et dévala la colline en emportant avec lui toutes les baraques sur son passage. Cet épisode traumatisant a marqué les esprits.

Les pluies d’été sont toujours redoutées par les habitants des morros favelisés.

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