Cantagalo au cœur des quartiers les plus valorisés de la zone sud de Rio de Janeiro


Au cœur de la zone sud de Rio de Janeiro, la favela de Cantagalo se situe entre les quartiers huppés d’Ipanema et de Copacabana. Le contraste entre la favela et les quartiers chics de la zone sud se présente ici de façon violente et malsaine. Le phénomène de « Proximité spatiale et distance sociale » décrit par Chamboredon et Lemaire[1] est ici poussé à l’extrême.

Cette photo de la rue Raul Pompeia à Copacabana illustre bien ce phénomène : des immeubles collectifs de standing côtoient les bicoques entassées à flanc de colline de la favela du Pavão, voisine de Cantagalo. 

Pour les habitants de Cantagalo, habiter la zone sud, c’est jouir de nombreux de ses avantages comme :

  • la proximité des régions dynamiques de la ville et de leurs possibilités d’emploi
  • le service de transport en commun plus développé que dans la périphérie
  • une abondance de commerces et services
  • la proximité de l’océan,  avec la plage de Copacabana et d’Ipanema et de la lagune
Les habitants de Cantagalo peuvent ainsi profiter d’un cadre de vie de qualité qui n’a rien à envier aux faubourgs moroses de la ville de Rio de Janeiro.

Les quartiers de Copacabana et d’Ipanema sont des quartiers essentiellement résidentiels et commerçants. L’offre commerciale est plus développée et diversifiée dans le quartier de Copacabana (commerces de proximité, galeries commerciales, grandes surfaces), où elle s’adresse également aux classes populaires, à l’inverse d’Ipanema, qui vise essentiellement un public aisé.

Les plages  et la lagune sont, pour les habitants de Cantagalo, des lieux de détente, mais surtout des lieux de travail. Ils y exercent les professions de vendeur ambulant de boissons fraiches, snacks, noix de cajou, maillots de bain, pastèques ou de loueurs de parasols et chaises de plage, au service des cariocas et des touristes venus se prélasser sur la plage.

Cette photo représente trois figures emblématiques du vendeur ambulant sur les plages cariocas :

  • le vendeur de « Mate e Limão » (Maté : thé glacé à base de maté ; limonade) et ses deux réservoirs métalliques
  • le vendeur de biscuits Globo
  • le vendeur de boissons fraîches avec sa glacière de polystyrène et un sac plastique pour récupérer les cannettes usagères

La proximité des zones centrales de Rio permet aux habitants de Cantagalo de réduire leurs frais de transport. Néanmoins, l’offre commerciale destinée aux classes populaires y est plus réduite. Les habitants ont ainsi moins de choix dans les achats de tous les jours.


[1] Chamboredon Jean-Claude, Lemaire Madeleine. « Proximité spatiale et distance sociale. Les grands ensembles et leur peuplement ». In: Revue française de sociologie. 1970, 11-1. pp. 3-33.

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